Nick McDonell – Guerre à Harvard (Ed. Flammarion)

On a beaucoup parlé du phénomène McDonell lors de la parution de ses deux premiers livres, Douze et Troisième frère, que personnellement je n’ai pas lu.
Rappelons que McDonell n’avait que 17 ans lors de la parution du premier, qui dressait le portrait sans concession d’une jeunesse « upper class » désabusée. On n’avait alors pas hésité à le comparer à Brett Easton Ellis et Jay McInerney.

L’auteur connaît bien son sujet, puisqu’il est lui même issu d’un milieu aisé. Son père, Terry McDonell est le rédacteur en chef du magazine Sports Illustrated, et l’ami de personnalités aussi diverses que Hunter S. Thompson, Richard Price, P.J. O’Rourke ou McInerney justement, qui tous y sont allés de leur petite phrase pour soutenir les livres de Nick.
Ajoutons que le beau-père de l’auteur est Morgan Entrekin, qui détient Grove/Atlantic Inc., la maison-mère de Grove press, qui a publié l’édition originale de Douze.
De là à dire que le succès de l’auteur est fabriqué de toutes pièces, il n’y a qu’un pas, mais j’ai tendance à croire que ce serait un peu trop facile : McDonell possède en effet un certain savoir faire et un style qui lui est propre.

Début septembre sortira son troisième livre, Guerre à Harvard, qui semble-t-il n’a pas été publié avant en langue anglaise.
Nick McDonell traite ici de ses années à Harvard, dans le contexte d’une guerre en Irak de moins en moins populaire. Il n’est pas directement question ici du conflit, omniprésent dans l’ouvrage mais rarement cité, mais plutôt du quotidien des étudiants, le quotidien triste et ennuyeux d’une jeunesse supposément dorée qui se cherche en vain, un quotidien rythmé par les soirées, la drogue et les cours. L’auteur ébauche le portrait de quelques figures de ces années-là, Quinn et Izzy, un couple en plein naufrage, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, ou encore Will, engagé comme réserviste. On y croise aussi des agents de la CIA venus faire du recrutement, et quelques vieilles figures emblématique de la prestigieuse université.

Mais cette jeunesse s’ennuie, et cet ennui transpire du livre et touche malheureusement le lecteur. Le livre est court cependant (95 pages), et assez éloquent sur son sujet. Et surtout, on peut s’interroger quant à l’avenir de nos sociétés lorsque l’on sait que ce sont ces jeunes gens qui demain prendront les rênes du pouvoir. Car ne nous trompons pas, cette jeunesse bourgeoise américaine n’est pas si différente de la notre…

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