Le Zepplin mystique (A propos du livre de Pâcome Thiellement : Cabala, Led Zeppelin occulte)

Pâcome Thiellement, qui s’est fait une spécialité de décortiquer les mythes pop vient de consacrer un splendide ouvrage au groupe de Jimmy Page et Robert Plant : Cabala, Led Zepplin occulte (ed. Hoëbeke).
C’est un ouvrage épatant, érudit et passionnant qu’il convient de lire de toute urgence. Page 30, on peut y lire ceci, qui résume tout à la fois le sujet même du livre et la démarche propre à l’auteur :

Le combat engagé par Led Zepplin ne se situe donc pas seulement dans le domaine de la musique rock, au sein duquel Jimmy Page décide de contrer tous les pronostics concernant la commercialisation d’un album ou l’existence publique d’un groupe, défiant les lois mêmes de la sainte publicité. Il se joue également sur le terrain de la pensée ésotérique, par rapport à laquelle Robert Plant décide, enfin, de court-circuiter métaphysiquement la séquence initiatique traditionnelle, contraignant ainsi ses auditeurs à brûler les étapes de leur ascension mystique dans un déferlement d’images. Et ces deux phénomènes ne sont en réalité que les deux faces d’une seule pièce et les deux yeux d’un même visage. Comme la dame de la chanson qui fit la fortune de l’Album Sans Nom, l’humanité n’a pas effectué son apprentissage dans les règles de l’art. Elle a directement « acheté un escalier pour le paradis. » Ainsi, elle a ignoré le modus operandi de l’initiation, connu traditionnellement sous le nom d’adeptat. Comme elle, elle a alors confondu l’or et ce qui brille. Elle a confondu l’alchimie du savoir et l’accumulation de données. Cependant, comme elle, Led Zepplin pense qu’elle peut néanmoins, malgré cet empressement ou cette accélération, tour comparable à un éclair annonçant l’orage ou une invasion extraterrestre, transformer ce qui brille en or et atteindre la lumière blanche. Pour cela, un nouveau type de relation avec la connaissance ésotérique est nécessaire, qui va de pair avec un nouveau type de relation avec la consommation de productions liées à la culture pop. Cette relation présuppose chez l’auditeur, une attention immodérée pour des détails a priori futiles ou insipides, un goût pour les développements labyrinthiques et les hypothèses hasardeuses, une innocence joyeuse dans l’approche des phénomènes culturels et historiques et une confiance sans bornes dans la teneur irréductiblement poétique de la pop music. Ce que nous n’avons pu préparer en amont, avec l’aide d’un maître qui oriente le phénomène non polarisé du numineux et transforme l’expérience en connaissance, nous devons le concrétiser en aval, par un travail réel sur le sens de ce que nous avons éprouvé, quelle qu’en soit l’apparente absurdité ou les aberrations logiques qui se mettent alors à apparaître à nos regards embarrassés. Nous devons nous-même produire l’ange qui orientera notre expérience comme une pensée ou un poème. Enfin, si cela peut vous rassurer, on précisera que, comme le chante Robert Plant : « Même à mi-distance, il est toujours temps de changer de route ».

 

There’s a lady who’s sure all that glitters is gold

And she’s buying a stairway to heaven.
When she gets there she knows, if the stores are all closed
With a word she can get what she came for.
Ooh, ooh, and she’s buying a stairway to heaven.

There’s a sign on the wall but she wants to be sure
‘Cause you know sometimes words have two meanings.
In a tree by the brook, there’s a songbird who sings,
Sometimes all of our thoughts are misgiven.
Ooh, it makes me wonder,
Ooh, it makes me wonder.

There’s a feeling I get when I look to the west,
And my spirit is crying for leaving.
In my thoughts I have seen rings of smoke through the trees,
And the voices of those who stand looking.
Ooh, it makes me wonder,
Ooh, it really makes me wonder.

And it’s whispered that soon if we all call the tune
Then the piper will lead us to reason.
And a new day will dawn for those who stand long
And the forests will echo with laughter.

If there’s a bustle in your hedgerow, don’t be alarmed now,
It’s just a spring clean for the May queen.
Yes, there are two paths you can go by, but in the long run
There’s still time to change the road you’re on.
And it makes me wonder.

Your head is humming and it won’t go, in case you don’t know,
The piper’s calling you to join him,
Dear lady, can you hear the wind blow, and did you know
Your stairway lies on the whispering wind.

And as we wind on down the road
Our shadows taller than our soul.
There walks a lady we all know
Who shines white light and wants to show
How everything still turns to gold.
And if you listen very hard
The tune will come to you at last.
When all are one and one is all
To be a rock and not to roll.

And she’s buying a stairway to heaven.


Pacôme Thiellement – Cabala : Led Zepplin occulte (ed. Hoëbeke 2009) – 23€

Stairway to Heaven (Jimmy Page & Robert Plant)