Aidons Publie.net

Voilà un moment que je suis avec intérêt l’expérience Publie.net. Pour tout dire, pendant longtemps, je me contentais de suivre ça de loin, intéressé mais pas toujours prêt à franchir le pas d’un téléchargement payant, mais me laissant quand même tenter parfois par tel ou tel livre. Et puis, il y a quelques semaines, un article de François Bon m’a mis la puce à l’oreille. Avec beaucoup de pudeur, il laissait entendre que les choses n’étaient pas faciles pour son entreprise, qu’il ne manquait pas grand chose pour atteindre l’équilibre, mais que ce pas grand chose n’y était pas.

Je me suis alors replongé dans le catalogue Publie, et et j’ai été à nouveau bluffé par la richesse du fonds : des textes de littérature contemporaine de qualité, il y en a ; des essais sur le numérique et les nouvelles technologies, il y en a aussi. Du polar, oui, c’est là. Des classiques, bien sûr, et quand c’est de l’étranger, les traductions sont nouvelles et de qualité. Et si comme moi vous aimez les textes courts, boudés par les éditeurs papier, il y a pour vous la collection Ouvrez, tous les vendredi deux nouveaux textes pour même pas 2€ !

Alors, pour le prix de cinq romans papier (et encore !), je me suis offert un magnifique cadeau. Noël avant l’heure, en quelque sorte : pour 95€, l’abonnement à publie.net pendant un an, un accès illimité à l’intégralité du site. Et depuis je ne sais plus où donner de la tête, je dévore les textes : Le très chouette recueil de nouvelles de Martin Winckler, Le cahier de transmissions ; le petit texte de Patrick Deville, Vie et mort de sainte Tina l’exilée (oui, oui l’auteur de Peste et choléra, le prix Fémina 2012), le J’ai été Robert Smith de Daniel Bourrion à qui j’ai déjà consacré un article, les Conversations avec Keith Richards de François Bon (génial exercise de style !), et aussi sa bio des Stones – fabuleuse bio -, que je savoure à petites doses, entre deux romans, pour faire durer le plaisir !

Enfin, du bon et du beau, il y en a sur Publie.net (du beau, parce que les ebooks sont soignés, on ne transige pas là-dessus, c’est du bel ouvrage, vraiment), et il y a aussi, depuis peu, publie.papier, à suivre aussi et à encourager. Mais voilà, François Bon vient de le dire sur son blog, l’aventure risque de tourner court : « on le dit très simplement : besoin de l’aide directe de tous ceux qui apprécient nos textes. »

Mais ce qui se joue ici, ce n’est pas l’avenir de Publie.net, pas seulement. L’enjeu est culturel. Depuis quelques années, publie.net se bat pour nous offrir de l’originalité, de la diversité, de la création. Ils se battent pour ouvrir un chemin, ayant les premiers compris le potentiel énorme du numérique. Ils avancent, essuyant les plâtres, pavant la voie : une voie royale pour la création de demain. Dans le même temps on nous bassine avec un numérique porteur de tous les maux, fossoyeur du livre et de la librairie. On agite les drapeaux noirs, on crie au diable, et tout ce temps, François et quelques autres se battent pour déjouer les mauvais présages. Seuls contre tous, coincé entre ceux qui sonnent l’hallali du livre et les éditeurs perdus qui s’arc-boutent sur leurs positions et vendent hors de prix des fichiers assaisonnés de DRM, publie.net prouve, texte après texte, qu’une autre voie est possible. Que la création est possible. Que la richesse du contenu est possible. Qu’une offre originale, respectueuse de l’auteur et du lecteur, est possible.

Ne faisons pas de l’équipe de publie.net des Don Quichotte des temps modernes. Ne faisons pas de Publie.net une utopie vers laquelle on se retournera avec nostalgie dans quelques années en se disant « si j’avais su ». Au nom de ce qui nous est cher, au nom de ce que nous défendons tous, la littérature, la création, l’originalité, donnons ce coup de collier que nous demande François Bon, et faisons en sorte de prolonger l’aventure : il ne manque pas grand chose, alors allons- y, bong sang ! Le numérique est plein d’espoir, mais sans publie.net, il risque de nous paraître soudain bien fade…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s