Lire en numérique

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Mon livre, tel qu’on peut le lire sur un ordinateur portable, un smartphone, une tablette et une liseuse !

A peine quelques jours que mon livre est sorti, et autour de moi, beaucoup me disent soit qu’ils ne lisent pas en numérique, soit qu’ils ne savent pas comment faire. L’occasion de faire le point.

Tout d’abord, un livre numérique, c’est quoi ?
Il s’agit d’un fichier au format epub (azw ou mobi, pour ceux qui ont un kindle), c’est à dire un fichier qui vous permet de régler la taille des caractères, choisir votre police, poser des marques-pages, souligner les passages qui vous plaisent et même les annoter : on est loin, on le voit, du poussif format pdf.

Ok, mais on le lit sur quoi, un livre numérique ?
Eh bien, virtuellement, sur tout ! L’idéal, c’est une liseuse (Cybook Odyssey, Kobo, Sony Reader ou Kindle, pour les plus connus) ou une tablette (Ipad, Nexus, Kindle fire ou autre).
La liseuse (ou reader) est un appareil dédié à la lecture numérique, qui fonctionne à l’encre électronique avec un affichage en noir et blanc, mais lisible même en plein soleil.
La tablette de son côté propose diverses applications de lecture compatibles : iBooks (Apple) ou Kindle, par exemple, mais il en existe beaucoup d’autres, presque tous gratuits. Ces mêmes applications existent aussi pour vos smartphones, et il est également possible de lire un livre électronique sur ce support (à condition d’avoir de bons yeux !).
Enfin, vous pouvez également lire directement sur votre ordinateur, par le biais du logiciel Adobe Digital Editions ou de Calibre, ou encore l’application Kindle pour PC ou Mac que propose Amazon.

Et le livre, on l’achète où ?
Je vous conseille fortement de l’acheter directement auprès de mon éditeur, ici. Mais vous pouvez le télécharger chez tous les libraires en ligne et sur toutes les plateformes de téléchargement listés ci-dessous :
noslibrairies

3.49€ chez NumeriklivresDisponible également chez tous les libraires en ligne et sur toutes les plateformes de téléchargement.

Bret Easton Ellis, portrait par Julien Blanc-Gras | M le magazine du Monde

Ellis

COMMENT VIEILLIR QUAND ON A ÉTÉ UNE STAR À 21 ANS ? La question peut concerner des chanteurs ou des comédiens, pas des écrivains. Sauf dans un cas. En 1985, un étudiant nommé Bret Easton Ellis est propulsé phénomène littéraire à la parution de son Moins que zéro. Le roman, qui traduit l’apathie nihiliste de l’adolescence dorée de Los Angeles, capte l’époque MTV et devient rapidement un classique. Son auteur est bombardé nouveau Salinger. Certains ont eu du mal à surmonter un triomphe de jeunesse – Salinger, justement, qui a choisi la réclusion après L’Attrape-cœurs. Ellis, lui, a survécu à sa gloire précoce. Son American Psycho s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires aux Etats-Unis. Ce grand livre vénéneux, plongée dans le cerveau malade d’un yuppie tueur en série, annonce dès 1991 la folie de Wall Street. Ellis a alors 27 ans et a déjà écrit deux romans cultes. Il est adulé, détesté, mal compris, et souvent confondu avec ses personnages, habités d’un grand vide comblé par le consumérisme, la pornographie, la drogue et la violence.

Depuis trois décennies, Ellis traîne l’image de cette célébrité initiale, l’aura sulfureuse de l’écrivain mondain cocaïnomane, celui qui pose dans Vogue et écrit des histoires où l’on découpe des femmes à la tronçonneuse. Traduit dans une trentaine de langues, il est, surtout, le modèle d’une génération d’auteurs. « Il a influencé tous les gens qui écrivent des romans aujourd’hui. Il y a des Bret Easton Ellis russes, espagnols, danois… », estime l’écrivain Frédéric Beigbeder, qui a placé American Psycho en tête de son panthéon dans son essai critique Premier bilan après l’apocalypse : « C’est le meilleur roman du xxe siècle car il a digéré tous les autres. (…) Personne ne peut plus faire comme si American Psycho n’avait pas tout changé. » Et son auteur, lui, a-t-il changé ?

La suite sur M le magazine du MondeBret Easton Ellis : confessions d’un American Psycho.

Julien Blanc-Gras est journaliste et auteur, il a publié au Diable Vauvert.

Albéric d’Hardivilliers – L’écriture de l’ailleurs, petits propos sur la littérature nomade (éd. Transboréal)

Un livre suscite souvent un désir de départ. Qui n’a eu envie de découvrir Carthage après avoir lu Salammbô ? Quant à la lecture en voyage, elle permet à la fois de s’abstraire de la réalité qu’on aborde et de la mieux observer, la mieux comprendre. L’association que le voyageur tisse entre un pays et un auteur est parfois si forte que sa visite est tout entière perçue à travers le prisme de la relation que tel écrivain-voyageur ou tel romancier en a laissée. Venise avec Proust, Alexandrie avec Durrell, l’Afrique avec Conrad, l’Afghanistan avec Ella Maillart, l’Australie avec Chatwin : voyager en compagnie d’un écrivain permet d’établir une fructueuse comparaison entre le passé et le présent d’un lieu, mais aussi d’en affiner sa propre perception par le reflet de celle d’autrui. C’est aussi l’occasion de découvrir les écrivains du pays dans lequel on séjourne, voix vivantes qui incarnent mieux l’âme d’un peuple que les monuments. L’exercice de l’écriture bénéficie lui aussi du dépaysement. Qu’aurait été Le Petit Prince sans la panne « à mille milles de toute terre habitée » que connut son auteur ? Écrire en voyage devient une manière d’exorciser à la fois la nostalgie de ses propres racines, du lieu et des amitiés que le voyageur s’apprête à quitter. L’écriture de l’ailleurs permet aussi, en notant impressions, émotions et observations, de conserver une trace de l’élan spontané de la découverte, quitte à transformer le carnet en récit, et partager ainsi l’expérience vécue avec un futur lecteur, qu’un livre lancera à son tour sur les routes…

écriture de l'ailleurs J’ai déjà évoqué sur ce blog Albéric d’Harvivilliers, à l’occasion de l’article consacré au livre de Matthieu Raffard, La soif d’images, petites révélations sur la lumière et la photographie, aux éditions Transboréal. C’est chez le même éditeur — et dans la même collection —, qu’a paru ce petit ouvrage sur la littérature et l’écriture de voyage.
Pas de recettes toutes faites ici, ni même de définition bien précise de ce qu’est un écrivain voyageur, mais bien plutôt une réflexion sur le voyage et ce qu’il change en nous, et de ce que les livres que nous avons lus convoquent en nous d’images d’ailleurs.
Des connexions se font, des passerelles sont jetées d’un texte à un autre, d’un endroit à un autre, associations de lieux et d’idées qui viennent instruire et enrichir le voyage en cours. C’est cette familiarité des textes qui rend les paysages visités à la fois si proches et si étrangers, selon qu’ils répondent (parfois trop) à l’image mentale que nous en avions ou, au contraire, qu’ils viennent briser nos certitudes et nos a priori.