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Ok, ok, c’est de l’humour de geek un peu potache mais moi, que voulez-vous, ça m’amuse (beaucoup).

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William Gibson – Histoire zéro (éditions Le diable Vauvert)

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À 36 ans, William Gibson provoque un séisme dans le monde de la science-fiction avec son premier roman, Neuromancien, et devient de fait la figure de proue du mouvement cyberpunk, qu’il a imaginé avec son ami Bruce Sterling.
Nous sommes en 1984 — ça ne s’invente pas ! —, et sa dystopie sur fond de réalité virtuelle rafle tous les prix : le Nebula, le Hugo et le P.K. Dick award.
Cinq autres romans viendront poursuivre son exploration du genre cyberpunk, mais au tournant du millénaire, il abandonne les récits d’anticipation pour écrire des thrillers de facture plus classiques. C’est en 2003 Identification des schémas, suivi en 2007 de Code Source, et aujourd’hui d’Histoire zéro.
Ces trois romans mettent en scène le personnage d’Hubertus Bigend, un homme étrange et secret, aux moyens financiers considérables, à la tête de Blue Ant, une société qui officie dans des domaines aussi variés que la pub, la mode ou l’art contemporain.

gibsonCelui qui en substance disait à ceux qui s’étonnaient qu’il soit peu présent sur Internet que ce n’était pas parce qu’il avait prédit un cauchemar qu’il souhaitait vivre dedans, a ainsi justifié son passage au thriller : « le meilleur usage que l’on puisse faire de la science-fiction aujourd’hui est d’explorer la réalité contemporaine au lieu d’essayer de prédire l’avenir… La meilleure chose à faire avec la science aujourd’hui, c’est de l’utiliser pour explorer le présent. La Terre est la planète alien d’aujourd’hui. » (1)

Si les bouquins de Gibson sont toujours passionnants de par leurs thématiques (ici, la mode et le phénomène des marques fantômes), on regrettera cependant le recours un peu trop systématique aux mêmes vieilles ficelles, et quelques tics d’écriture qui rendent parfois la lecture fastidieuse.

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(1) Citation de l’auteur tirée d’une interview accordée à CNNfn, le 26 août 1997 (source wikipedia)

Faire un geste pour Bill Mantlo

Bill Mantlo, ce nom ne dira sans doute rien à la grande majorité d’entre vous. À d’autres, qui ont grandi comme moi dans les années 80 en lisant les comics américains publiés en français dans Strange et quelques autres revues spécialisées, il rappellera d’innombrables récits mettant en scène Hulk, Spider-Man, Rom ou encore Cloak and Dagger.
Cloak_and_Dagger_1_(1983)J’aimais particulièrement ces deux personnages apparus dans les pages de Peter Parker, the Spectacular Spider-Man en mars 1982, et qui leur temps eurent droit à leur petit quart d’heure de gloire.
Bill était scénariste et a produit énormément de récits pour Marvel entre la fin des années 70 et le début des années 90. C’était un excellent raconteur d’histoires, et je me souviens combien, enfant, sa signature apposée sur un comics était pour moi un gage de plaisir de lecture.
En 1992, Bill fut renversé par un automobiliste alors qu’il faisait du roller sans avoir mis de casque. Le chauffard a pris la fuite, et Bill a subi de profonds traumatismes qui l’ont laissé plus d’un an dans le coma. Aujourd’hui, il vit reclus dans un centre spécialisé, incapable de subvenir seul à ses besoins, mais heureusement entouré de sa famille.
Mais les soins dont il a besoin coûtent cher, et son frère a mis en place une souscription pour lui venir en aide. Vous trouverez ici un article qui explique tout ça.

Je me souviens avec beaucoup de nostalgie des scénarios de Bill Mantlo. Cet homme m’a apporté du rêve et de l’émerveillement. Aujourd’hui, en faisant pour lui un modeste don, j’essaie, dans la sombre nuit qu’il traverse, de lui apporter un peu de lumière.

Alors oui, le nom de Bill Mantlo ne dira sans doute rien à la grande majorité d’entre vous. Aux d’autres, qui ont grandis comme moi dans les années 80 en lisant des comics, je vous invite à vous souvenir de ces heures de bonheur de lecture qu’il vous a offert, et d’envisager à votre tour de faire un don.

Bill Mantlo guest star appearance Alpha Flight 66
Image : Dans le n° 66 de la série Alpha Flight, Bill Mantlo s’était mis lui-même en scène.

Le livre numérique : danger ou réelle opportunité ?

Quand certains continuent de s’entre-déchirer quant à l’utilité ou non du livre numérique, sans voir qu’ils se tiennent vent debout sur un quai de gare abandonné d’où le dernier train est depuis longtemps parti, d’autres ont heureusement compris que ce train était en marche et réfléchissent contenus et contenants.
Le débat n’est plus en effet de savoir si le livre numérique a ou non une légitimité, mais bien de savoir ce que l’on met dedans, comment on le fait et comment on le distribue. Si le débat premier avait sa légitimité, il est aujourd’hui totalement utopique d’imaginer un retour en arrière : le numérique, qu’on le veuille ou non, avec ses qualités et ses défauts, ses avancées et ses risques, est maintenant là et il est parfaitement vain de le refuser. Il faut bien comprendre que le numérique n’est pas un simple outil ou un gadget à la mode ; le numérique porte en lui une révolution qui a des conséquences aussi profondes que la révolution industrielle de la fin du XIXème siècle. Il n’y a qu’à relire Zola pour mesurer combien celle-ci ne s’est pas fait sans heurt. Pourtant, à plus d’un siècle de distance, on n’imagine plus revenir en arrière et se passer des progrès qu’à court, moyen et long termes elle a apporté.

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Que l’on regarde un peu autour de nous : le numérique a certes ébranlé l’industrie musicale toute entière, mais nous permet aujourd’hui un accès autrefois inimaginable à la musique ; Kodak a déposé le bilan et licencié des milliers de personnes, mais est-ce vraiment la faute à la photographie numérique ?
Dans ces exemples, on notera deux choses en particulier :

— premièrement, les tenants de l’avant-numérique ont campé sur leurs positions et cherché par tous les moyens à contrer le développement de cette technologie plutôt que de réfléchir à son intégration dans leurs process (je pense en particulier aux DRM sur les enregistrements audio qui ont eu pour principal effet le développement exponentiel du piratage), ce qui a entrainé plus sûrement encore leur chute ;

— deuxièmement, le numérique a permis à la fois une démocratisation des usages, mais aussi une amélioration des technologies analogiques, certes désormais destinées à un public de niche, mais qui existe et qui consomme : je pense en particulier au vinyle, proposé aujourd’hui en pressage de qualité 180g, bien loin des disques de piètre qualité proposés au tournant des années 90. Et de même, la photo argentique n’a pas dit son dernier mot, et il suffit de voir l’expérience menée par The Impossible Project, ces anciens employés de Polaroïd qui ont racheté en fonds propre l’une de leurs usines et relancé la production de films en l’adaptant aux besoins d’aujourd’hui.

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Oui, le livre numérique présente un danger potentiel pour plusieurs catégories professionnelles : il peut être perçu comme une menace par les librairies qui redoutent de voir disparaitre leurs gros lecteurs, et pourtant, il y a plus que jamais un besoin de conseils que le libraire est le plus légitime à donner ; il est perçu comme une menace par les imprimeurs, et pourtant émerge déjà l’impression à la demande ; il est perçu comme une menace par les éditeurs qui redoutent en particulier le piratage (1), et pourtant s’ouvrent à eux des opportunités de marchés qui n’existaient tout simplement pas avant.
On le voit bien par ces exemples, le problème n’est pas le numérique, c’est notre faculté à nous réinventer, à repenser de fond en comble nos métiers, à l’heure du numérique.

Le vrai danger est de ne rien faire, de continuer d’avancer avec des oeillères et de laisser faire Amazon et consorts sans proposer de solutions alternatives.
Certaines solutions existent et se mettent en place, d’autres sont encore à inventer.
Je veux y voir de vraies opportunités, de vrais leviers de croissance — y compris pour les librairies —, et aussi, une chance incroyable d’être à la fois témoin et acteur d’une révolution que l’on compare déjà à l’invention de l’imprimerie.

Je vous invite à aller voir ce qui se passe chez les designers et les concepteurs de livres numériques comme Jiminy Panoz, La dame au Chapal, ou Craig Mod, pour n’en citer que trois, et voir comment nous pourrions à notre tour avoir une réflexion en profondeur qui permette à tous les acteurs de la chaîne du livre de reprendre la main et de se tourner enfin vers l’avenir.
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(1) La question du piratage se pose, bien évidemment, mais là encore, nous sommes sur de vieux réflexes, nous nous arc-boutons sur nos positions pour protéger nos acquis sans voir que c’est un changement de paradigmes qui s’opère (je vous renvoie à la lecture de Petite Poucette de Michel Serres, aux éditions Belin pour une analyse très fine de tout cela).

Nouvelles liseuses chez Amazon et SONY

Amazon a pris tout le monde de court en annonçant hier sur son site une nouvelle version du Kindle Paperwhite, plus performant, et qui corrige — comme le souligne Thierry Crouzet sur son blog —, la plupart des défauts constatés sur le modèle de l’an passé. Pas de progrès par contre au niveau des fichiers acceptés, on reste sur du format propriétaire, contrairement à SONY, qui lit sans problème les epub.
En revanche, toujours pas d’écran éclairé sur le SONY PRS-T3, mais une qualité d’affichage annoncée comme supérieure à la concurrence. Il faudra au moins ça pour convaincre, avec un prix autour de 150€.

On le voit, pas de révolution du côté des liseuses pour le moment, comme si les fabricants, toujours sur l’expectative, attendaient de voir quel avenir se dessinera dans les tous prochains mois pour ce type d’appareil, qui est confronté à la concurrence accrue des tablettes.
La situation précaire de Barnes and Nobles et de sa branche numérique, et les mauvais résultats financiers de la société E-ink, propriétaire de la technologie du même nom, ne laisse en effet rien augurer de bon.

Quoi qu’il en soit, le Kindle paperwhite et le SONY PRS-T3 seront disponibles à la vente en octobre.